Lifting et anti-âge

Bichectomie : quels visages se creusent dix ans plus tard, et lesquels ne se creusent jamais

Dr Yongwoo LeeDr Yongwoo Lee
31 août 2026
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Bichectomie : quels visages se creusent dix ans plus tard, et lesquels ne se creusent jamais

La bichectomie est définitive, et les boules de Bichat ne fondent pas avec l’âge

La bichectomie retire une graisse profonde et encapsulée qui ne repousse jamais, et la plupart des patients croient faire enlever quelque chose que leur visage aurait perdu de toute façon. C’est faux : la boule de Bichat n’est pas de la graisse de bébé. Chez l’adulte, quel que soit l’âge, l’imagerie trouve son volume statistiquement identique dans les groupes jeunes, d’âge moyen et âgés. Une série de segmentation IRM parue en 2026 mesure même des volumes de graisse faciale profonde en hausse, et non en baisse, avec l’âge et l’indice de masse corporelle. Ce qui s’amincit avec les années, c’est une autre graisse, logée dans d’autres couches. Retirer la boule à 24 ans n’accélère donc aucune perte déjà programmée ; cela soustrait un volume qui, lui, serait resté.

Tout tient en deux visages. Sur un visage lourd du bas, dont la joue basse reste épaisse à poids stable et dont le pincement dépasse 6 mm, retirer prudemment 2 ml par côté affine durablement. Le taux de complications reste faible entre des mains entraînées. Sur un visage plein à 22 ans seulement parce que la graisse faciale n’a pas fini de se répartir, ou déjà maigre sous la pommette, les mêmes 2 ml deviennent un creux. Il s’approfondit jusque dans la quarantaine, la graisse jugale profonde qui borde le vide continuant de s’amincir pendant que la peau au-dessus continue de descendre.

Ce guide décrit ce qu’est vraiment cette boule et comment elle vieillit. Viennent ensuite les chiffres de complications publiés sur des centaines de patients, les critères qui séparent les deux visages ci-dessus, et la technique employée dans ma pratique. Il se termine sur la seule question qui vaille avant d’accepter qu’on retire d’un visage un tissu qu’on ne pourra pas y remettre.

La bichectomie fait-elle vieillir le visage ? Tout dépend de la graisse que vous perdez

Que la bichectomie vieillisse ou non un visage dépend presque entièrement de ce que fera le reste de ce visage dans les vingt années à venir. La boule, elle, ne bouge pas pendant que ses voisines se vident. Avec l’âge, la région moyenne du visage perd du volume dans la graisse jugale profonde médiale, et les compartiments superficiels glissent vers le bas. Une étude scanner de têtes cadavériques de 54 à 104 ans a documenté la migration inférieure des compartiments graisseux médiofaciaux et la perte de volume de la graisse jugale profonde médiale. L’extension buccale de la boule de Bichat (buccal extension) s’y comporte comme un compartiment à part. Soustrayez cette boule à un visage qui va perdre sa graisse jugale profonde de toute façon, et les deux pertes s’additionnent au même endroit : sous la pommette, en avant du masséter (masseter), là où un visage émacié se voit.

La bonne question n’est donc pas « la bichectomie creuse-t-elle le visage », mais « la boule est-elle ici un surplus ou une réserve ». Dans le premier cas, la joue basse est lourde à poids adulte stable, la pommette au-dessus est déjà dessinée, et retirer 2 ml par côté dégage une ligne mandibulaire. Dans le second cas, la plénitude siège à la joue parce que le patient a 21 ans, ou parce que le visage est rond d’os et non de graisse. La boule y est alors le seul tissu mou qui empêche la région de paraître creusée une fois la trentaine venue.

La littérature est d’une franchise inhabituelle sur ce qu’elle ignore : une revue systématique de 2021 a passé au crible 1 413 références pour n’en retenir que quatre. Elle conclut que le retrait de la boule donne un résultat initialement favorable, mais souffre d’une absence de données publiées sur les résultats du suivi à long terme. Le suivi le plus long rapporté en routine dans les séries esthétiques est de 12 mois. La réponse à dix ans n’est dans aucun article, mais dans l’anatomie du patient qu’on a devant soi, et la suite de ce texte n’ira pas ailleurs.

Qu’est-ce que la boule de Bichat, et comment vieillit-elle ?

La boule de Bichat est un corps graisseux profond, enfermé dans une capsule, d’environ 9 à 10 ml par côté, logé entre le muscle buccinateur (buccinator) et le masséter. Une seule de ses parties, l’extension buccale, participe à la plénitude visible de la joue. La plus grande étude anatomique, 80 cadavres adultes, donne en moyenne 10,2 ml chez l’homme et 8,9 ml chez la femme, environ 6 mm d’épaisseur pour 9,7 g. La boule compte trois lobes, quatre extensions et six attaches ligamentaires : maxillaire, zygoma, fente infra-orbitaire, tendon du temporal, buccinateur. Le geste esthétique ne touche que l’extension buccale, celle qui se drape vers l’avant et vers le bas par-dessus le buccinateur jusque dans la joue basse. Les extensions ptérygoïdienne et temporale restent intactes, ce qui explique qu’un retrait bien conduit enlève 2 à 3 ml et non 10.

Coupe transversale de la boule de Bichat dans la joue : le corps principal logé en profondeur entre le buccinateur et le masséter, son extension buccale drapée vers l’avant dans la joue basse sous le SMAS, le canal de Sténon passant au-dessus et les rameaux buccaux du nerf facial croisant la surface de sa capsule.

Son vieillissement est une descente, pas un dégonflement, comme le conclut une revue de portée parue en 2026 qui a rassemblé dix études anatomiques. La boule augmente probablement de l’enfance à l’âge adulte et pourrait ne commencer à diminuer qu’après 60 ou 70 ans. Sa progression naturelle est une descente verticale, avec pseudo-hernie de l’extension buccale. Autrement dit, la graisse qui remplissait la joue à 30 ans a glissé vers la ligne mandibulaire à 55 ans, où elle se lit désormais comme une bajoue. Cela recoupe le scanner cité plus haut : dans le visage qui vieillit, la graisse jugale profonde médiale qui soutient la pommette fond. La boule, elle, dérive vers le bas, de volume inchangé jusqu’à un âge avancé.

Deux conséquences en découlent. D’abord, une joue basse pleine à 25 ans et une joue basse pleine à 55 ans ne sont pas le même problème. La première est une boule stable à sa place normale ; la seconde est une boule descendue qui alimente la bajoue. Une série japonaise de patients d’âge moyen, moyenne d’âge 54 ans, a chiffré cette différence. Après retrait, elle rapporte à 12 mois une largeur du bas du visage réduite d’environ 3,7 mm. Le volume du bas du visage avait baissé d’environ 4 ml par côté, à poids corporel inchangé. Ensuite, la graisse jugale profonde médiale qui s’amincit avec l’âge occupe un autre compartiment que la boule. Retirer la boule n’empêche donc pas cet amincissement : les deux pertes s’empilent, simplement.

Retirer, repositionner ou laisser en place : les options en un coup d’œil

La graisse de Bichat peut être retirée par la bouche, retirée de l’extérieur à travers le lambeau d’un lifting, repositionnée, ou laissée en place pendant qu’on soulève les structures voisines. Chaque option répond à un constat différent, et l’excision convient quand la boule est un surplus. Le repositionnement se discute quand la boule est descendue au-dessus d’une joue creuse : le tissu remonte au lieu d’être jeté. Une série de liftings a déplacé la boule dans le plan sous-SMAS pour regarnir la région sous-malaire chez 22 patients, avec une position stable à l’IRM. Laisser en place s’impose quand la plénitude vient de l’os, du muscle ou de la graisse superficielle, qu’aucune excision de Bichat n’atteint.

Point de décisionExcision par voie endobuccaleExcision externe pendant un liftingTransposition sous le SMASLifting seul
Ce que cela faitRetire 1,5 à 3 ml de l’extension buccale par une incision muqueuse de 1 cmRetire l’extension pseudo-herniée à travers le lambeau du liftingRemonte la boule sous le SMAS pour combler le creux sous-malaireSoulève la boule descendue avec le SMAS sans toucher à son volume
Le bon visageJoue basse lourde à poids stable, pommette dessinée, pincement cutané au-delà de 6 mmLe même, chez un patient qui a déjà un lifting programméBoule descendue surmontée d’un creuxBajoue par descente, sans vrai surplus
Le mauvais visageVisage maigre, creux sous-malaire, tempes creusées, avant le milieu de la vingtaineLe même, plus tout visage où la boule est la réserveVrai surplus, où ajouter du volume au-dessus élargit encoreVisage lourd du bas, où soulever déplace la masse sans la réduire
RéversibilitéAucune, le lipofilling ne remplace le volume qu’en partieAucunePartielle, la boule peut être libéréeTotale
Risques principauxAsymétrie, trismus, faiblesse du rameau buccal, plaie du canal de SténonLes mêmes, avec un décollement proche du nerf dans le lambeauMalposition, asymétrieRisques habituels d’un lifting

Aucune option non chirurgicale n’atteint cette graisse. Les injections lipolytiques s’adressent à la graisse sous-mentale, pas à un corps graisseux profond, encapsulé, posé sous le buccinateur et croisé par le canal de Sténon. Les appareils de raffermissement, eux, retendent l’enveloppe sans rien changer au volume qu’elle contient. Le choix est donc entre modifier la structure et la laisser tranquille, et cette décision se prend à l’examen, pas sur un menu.

Comment se déroule une bichectomie dans ma pratique : par la bouche, avant le lifting

En pratique, la bichectomie se fait ici par la bouche, en tout premier temps de l’intervention, avant que le visage ne soit préparé et champé pour le lifting. Je ne passe pas par le lambeau, de l’extérieur. Je fais une incision d’environ 1 cm dans la muqueuse jugale, en regard de la deuxième molaire supérieure. Je la garde sous la papille parotidienne, pour que le canal ne soit jamais dans le champ. Une pression de la joue depuis l’extérieur fait venir seule l’extension buccale dans l’incision. Je n’enlève que ce qui s’y présente sous cette pression douce, soit à peu près 1,5 à 2,5 ml par côté. Je ne prends pas toute l’extension buccale, et je ne vais pas chercher la graisse vers le corps de la boule. Je pose les deux pièces côte à côte et je les compare avant de refermer, puis je répare la muqueuse par un ou deux points de fil résorbable 4-0.

Procéder ainsi plutôt que par le lambeau, comme le décrivent certains chirurgiens de lifting, est un choix délibéré, et il tient à cinq raisons. La première est anatomique : dans chaque spécimen d’une étude cadavérique de la voie externe, le canal de Sténon (parotid duct) croisait la boule à sa partie supérieure. Les rameaux buccaux du nerf facial couraient, eux, sur sa capsule, et passer par la bouche me laisse ce plan-là intact sous le lambeau. Deuxième raison, la bouche n’est pas un champ stérile. Terminer le temps endobuccal avant la préparation cutanée fait démarrer le lifting propre, au lieu d’alterner entre une cavité contaminée et un visage stérile. Vient ensuite la symétrie : sur un visage encore non œdématié, la joue pressée de l’extérieur, je vois les volumes droit et gauche à mesure, et je les apparie. Une fois le décollement du lifting commencé, les tissus ont changé et cette lecture devient bien plus difficile. Quatrième raison, purement mécanique : quand le surplus est retiré d’emblée, le lambeau de SMAS (système musculo-aponévrotique superficiel) se redrape sur une joue basse plus petite. La traction tient mieux, et le contour se lit plus net le long de la ligne mandibulaire. La cinquième est la plus simple : un visage intact, en tout début d’intervention, est le moment le plus juste pour juger d’une symétrie.

Le même temps endobuccal s’ajoute, quand la joue basse est lourde, à d’autres interventions du visage où le patient est déjà endormi. La règle ne change pas : la boule n’est retirée que si elle est le surplus, jamais comme un complément de routine.

Qui est un bon candidat à la bichectomie, et qui va le regretter ?

Le bon candidat à une bichectomie a une joue basse pleine à poids adulte stable, un pincement cutané supérieur à 6 mm et une pommette dessinée au-dessus. Il a aussi l’âge de savoir que cette plénitude ne partira pas seule. Ce ne sont pas des impressions : la plupart de ces critères ont des seuils publiés. Dans une série de 66 patients examinés par deux chirurgiens expérimentés puis mesurés, quatre indicateurs objectifs prédisaient l’indication. Un pli cutané jugal supérieur à 6,00 mm, un contour médiofacial supérieur à 2,20 mm, un visage ovoïde ou triangulaire, une boule de plus de 2,05 ml à l’échographie. Les auteurs précisaient qu’aucune mesure isolée ne devait décider : les meilleurs candidats étaient ceux qui réunissaient au moins trois critères sur les quatre.

Schéma des quatre critères de sélection mesurables de la bichectomie, issus de l’étude de 66 patients : une épaisseur du pli cutané de la joue supérieure à 6,00 mm, un contour médiofacial supérieur à 2,20 mm, un visage de forme ovoïde ou triangulaire et un volume de graisse de Bichat à l’échographie supérieur à 2,05 ml, avec la mention que trois de ces quatre critères doivent être réunis.

Avec l’âge, la nature du problème traité change. Une série japonaise de 133 patients les a séparés en un type I lourd du bas, d’âge moyen 43,7 ans, et un type II ptôsé, descendu, d’âge moyen 57,1 ans, et a montré que l’endroit d’où la graisse est réséquée change la forme du résultat. Le type jeune est un vrai surplus. Le type plus âgé est un problème de descente, ce qui explique qu’il soit ici traité à l’intérieur d’un lifting plutôt qu’isolément, et qu’une patiente de cinquante ans demandant une bichectomie seule demande souvent la mauvaise opération.

Les refus, ici, portent sur les visages qui vont se creuser. Un patient maigre, à indice de masse corporelle bas, est refusé : la graisse jugale qui aurait amorti le retrait est déjà mince. Un visage qui montre déjà un creux sous la pommette, dans la région sous-malaire, est refusé lui aussi, puisque c’est la boule qui tient ce creux à distance. Des tempes creusées entraînent le même refus, pour la même raison : la déflation a commencé, et elle atteindra la joue basse. Aucune bichectomie isolée n’est enfin pratiquée avant le milieu de la vingtaine, la graisse du visage se répartissant encore vers sa distribution adulte. La joue ronde qui gêne à 21 ans a, dans une large part des cas, disparu à 26 ans sans chirurgie. Une graisse retirée ne revient pas, et la graisse transplantée ne survit qu’en partie ; la réserve, une fois dépensée, ne se restitue pas de façon fiable.

Récupération après une bichectomie : œdème, trismus, et quand la joue se stabilise

La récupération après une bichectomie se compte en jours pour la vie quotidienne et en mois pour le contour définitif, et deux choses dominent les premières semaines : l’œdème et une mâchoire raide. Dans une méta-analyse de 12 études et 308 patients, un œdème a été rapporté chez 38 % des opérés et un trismus, c’est-à-dire une limitation de l’ouverture buccale, chez 30 %, avec des douleurs chez environ 19 %. Ces chiffres décrivent la première et la deuxième semaine. Une alimentation molle pendant quelques jours et des bains de bouche à la chlorhexidine, le temps que les fils muqueux se résorbent, couvrent l’essentiel. S’y ajoutent des exercices doux d’ouverture de la mâchoire, dès le deuxième ou le troisième jour. L’incision étant à l’intérieur de la bouche, il n’y a ni cicatrice cutanée ni pansement.

Chronologie de la récupération après une bichectomie : œdème et raideur de la mâchoire au maximum la première semaine, fils muqueux résorbés vers deux semaines, contour de la joue encore masqué par l’œdème à un mois, résultat visible à trois mois, et variation mesurée du volume du bas du visage documentée à douze mois.

Le contour ne se voit pas tôt : l’œdème de l’espace jugal imite la plénitude qui vient d’être retirée, et les patients disent couramment, à deux semaines, que rien n’a changé. Trois mois donnent le premier regard honnête. Les mesures publiées sont prises à douze mois : la réduction de 3,7 mm de la largeur du bas du visage citée plus haut est donc un chiffre à un an. La fonction suit une courbe voisine. Une petite série électromyographique a trouvé que l’activité du masséter et du buccinateur augmentait à 30 et 120 jours après le retrait. La mastication restait cliniquement inchangée, et la satisfaction esthétique progressait à partir de 60 jours environ. Quand le retrait est associé à un lifting, le calendrier du lifting commande. Ce calendrier, fils retirés vers une semaine et présentable vers deux, est détaillé dans comment se déroule et cicatrise un lifting deep plane.

Regard du chirurgien

Quand un patient me demande une bichectomie, la première chose que je regarde n’est pas sa joue : c’est sa tempe, et le creux sous sa pommette, parce que ces deux endroits me disent ce que ce visage va faire dans quinze ans. S’ils s’amincissent déjà, je refuse, et je dis pourquoi : la graisse dont vous voulez vous débarrasser est le seul dépôt de votre visage qui allait rester, et vous me demandez de dépenser votre réserve. Si la pommette est dessinée, si le pincement est épais, si le poids est stable et si la plénitude siège bas et en avant du masséter, alors la boule est un surplus, et je la prends, prudemment, par la bouche, avant le lifting ou avant ce que nous faisons d’autre ce jour-là. Je n’enlève que ce qui vient quand j’appuie sur la joue de l’extérieur, je pose les deux morceaux côte à côte, et je m’arrête. Une bichectomie réussie est celle que personne ne peut identifier dix ans plus tard, et on y arrive bien plus facilement en retirant trop peu qu’en retirant trop.

Risques de la bichectomie : lésion nerveuse, canal de Sténon et asymétrie

Les risques graves de la bichectomie sont rares, les petits sont fréquents, et les données groupées situent le taux global de complications à un patient sur quatre. Dans une méta-analyse parue en 2025, 81 patients sur 308 ont présenté une complication, soit une prévalence de 25 %, pour l’essentiel de l’œdème, du trismus et de la douleur. Restent les taux qui comptent pour le consentement : 11,65 % d’asymétrie, 0,97 % de paralysie faciale, et 0,48 % chacun pour l’infection, l’hématome et l’emphysème sous-cutané. La conclusion des auteurs était sans détour : recommander l’intervention avec prudence, les données faisant état de problèmes de sécurité et d’un manque de prévisibilité.

Deux structures expliquent les chiffres du nerf et du canal. Les rameaux buccaux du nerf facial courent à la surface de la capsule de la boule, et le canal de Sténon la croise par le haut, en route vers la papille située en regard de la deuxième molaire supérieure. Décollez trop loin, trop profond, ou approchez la capsule au bistouri électrique, et le rameau buccal est exposé. Un cas publié de parésie faciale transitoire après retrait de la boule de Bichat a été traité par corticoïdes à forte dose et rééducation faciale, et le message des auteurs était que la faiblesse faciale temporaire doit être annoncée avant l’intervention, pas après. Garder l’incision sous la papille et ne retirer que la graisse qui se présente d’elle-même, sans décollement instrumental vers le corps de la boule, est la façon de tenir ces deux structures hors du champ.

Schéma en trois panneaux des problèmes fréquents après une bichectomie : une asymétrie avec une joue plus creuse que l’autre, une faiblesse de la lèvre supérieure due à l’étirement d’un rameau buccal du nerf facial, et un creux sous-malaire qui s’est approfondi des années plus tard sur un visage trop maigre pour l’intervention.

L’asymétrie mérite sa propre ligne : à 11,65 %, elle est la complication que le patient verra le plus souvent. Sa cause n’est généralement pas anatomique, elle tient au jugement : des quantités inégales retirées de deux joues qui n’étaient pas symétriques au départ. La parade est procédurale, et elle consiste à comparer les deux pièces avant de refermer. C’est pourquoi je retire cette graisse sur un visage non œdématié, la joue pressée de l’extérieur, là où les deux côtés se jugent l’un contre l’autre. Le creusement, lui, est la complication tardive, et il ne figure dans aucune méta-analyse, aucune série ne suivant les patients assez longtemps pour le compter. Il se prévient en consultation, en refusant les visages décrits plus haut, ou il ne se prévient pas du tout.

La question à poser avant une bichectomie

La question qui décide d’une bichectomie n’est pas de savoir combien de graisse contient la joue, mais laquelle, et ce que fera le reste du visage autour du vide laissé. Une joue basse pleine, posée sous une pommette dessinée, qui se pince au-delà de 6 mm et qui n’a pas bougé avec le poids, est un surplus. Environ 2 ml par côté retirés prudemment, idéalement dans une intervention qui traite aussi la descente, donnent alors un résultat qui tient. Une joue pleine sur un visage maigre à la tempe, creux sous la pommette, ou simplement pas encore stabilisé, est une réserve : la dépenser donne un visage plus fin dans la vingtaine, en contrepartie d’un visage plus vieux dans la quarantaine.

C’est le critère que ce site applique à chaque intervention, y compris dans ce que naturel veut vraiment dire en chirurgie esthétique : traiter la couche qui est vraiment en excès, à la quantité que l’anatomie peut céder, et laisser au reste du visage son propre avenir. Quand le constat est une descente plutôt qu’un surplus, la réponse est en général un lifting. Et pour qui veut rester en deçà de la chirurgie, les compromis des techniques de raffermissement non chirurgicales, des ultrasons focalisés à la radiofréquence forment une décision à part entière. Retirer une boule de Bichat reste la seule intervention du visage où le chirurgien ne peut pas rendre le tissu qu’il a pris, et la consultation devrait s’entendre comme telle.

Rédigé par le Dr Yongwoo Lee, chirurgien plasticien certifié par le conseil coréen de chirurgie plastique, spécialisé en anatomie faciale et en chirurgie esthétique à VIP Plastic Surgery, en Corée du Sud.

Questions fréquentes sur la bichectomie

La bichectomie est-elle définitive ?

Oui. La boule de Bichat est un dépôt distinct, enfermé dans une capsule, et la portion retirée ne se régénère pas. Une prise de poids peut faire grossir ce qui reste de la boule et la graisse superficielle autour d’elle, ce qui explique que certains patients aient l’impression que la joue « est revenue » après quelques kilos. Le tissu excisé, lui, a bel et bien disparu, et cette irréversibilité rend la sélection des candidats plus déterminante ici que pour la plupart des interventions.

La bichectomie fait-elle vieillir le visage ?

Sur le mauvais visage, oui, et le mécanisme n’est pas que la boule vous vieillit, mais qu’elle cesse d’amortir ce qui vous vieillit. La graisse jugale profonde médiale s’amincit et les compartiments superficiels descendent avec l’âge, tandis que la boule garde son volume jusque vers 60 ou 70 ans dans les études d’imagerie. Retirez-la d’un visage déjà maigre sous la pommette, et les deux pertes s’additionnent au même endroit. Sur un visage à vrai surplus, surmonté d’une pommette dessinée, un retrait prudent ne produit pas cet effet.

La boule de Bichat fond-elle toute seule avec l’âge ?

Pas dans les années qui comptent pour cette décision. Les études par IRM trouvent un volume inchangé chez l’adulte jeune, d’âge moyen et âgé, et plutôt corrélé positivement à l’âge et à l’indice de masse corporelle. En vieillissant, la boule descend, glissant de la joue vers la ligne mandibulaire. Chez le patient plus âgé, elle se traite donc comme un élément de la bajoue et non comme une joue pleine.

À quel âge la bichectomie est-elle une mauvaise idée ?

Avant le milieu de la vingtaine, dans ma pratique, en tout cas comme geste isolé. La graisse du visage se répartit encore vers sa distribution adulte, et une grande partie de la rondeur qui gêne à 21 ans a disparu à 26 ans sans chirurgie. La boule ne se remplace pas, si bien que la décision attend que le visage ait montré ce qu’il compte garder.

Quelle quantité de graisse retire-t-on lors d’une bichectomie ?

Les séries publiées rapportent en moyenne environ 2,7 ml retirés par côté, avec une fourchette d’à peu près 1,8 à 4,9 ml. La boule entière représentant 9 à 10 ml par côté, le geste esthétique ne prend que l’extension buccale, la partie qui descend jusque dans la joue basse. Dans ma pratique, la quantité va de 1,5 à 2,5 ml par côté, uniquement ce qui vient vers l’avant sous une pression douce sur la joue, et je compare les deux pièces avant de refermer.

La bichectomie corrige-t-elle les bajoues ?

Parfois, sur les visages plus âgés, et rarement à elle seule. La boule descend avec l’âge et peut alimenter la bajoue, ce qu’illustre l’affinement du bas du visage mesuré après retrait dans une série de patients d’âge moyen. Mais la bajoue est faite surtout de graisse superficielle descendue, d’un ligament mandibulaire allongé et de peau, et la bichectomie ne touche à rien de tout cela. Après 50 ans, la boule est plus souvent réduite à l’intérieur d’un lifting que retirée seule.

Peut-on associer bichectomie et lifting ?

Oui, et sur un visage lourd du bas c’est une association fréquente. Ici, le temps endobuccal se fait en premier, avant la préparation du visage, pour que la partie non stérile soit terminée quand le lifting commence et que le SMAS puisse se redraper sur une joue basse plus petite. D’autres chirurgiens préfèrent exciser la boule de l’extérieur, à travers le lambeau du lifting. Les deux techniques sont reconnues, et le choix tient à l’endroit où le chirurgien préfère travailler par rapport aux rameaux buccaux et au canal de Sténon.

La bichectomie est-elle une intervention sûre ?

Les complications graves sont rares, les petites fréquentes : sur 308 patients regroupés, un sur quatre a présenté une complication, surtout œdème, trismus et douleur des premières semaines. L’asymétrie a été rapportée chez environ 12 %, une faiblesse temporaire du nerf facial chez environ 1 %, et l’infection, l’hématome et l’emphysème chez environ 0,5 % chacun. La sécurité tient à trois choses : rester sous la papille parotidienne, ne pas décoller vers le corps de la boule, et retirer des quantités prudentes et symétriques.

Quels signes montrent qu’une bichectomie s’est mal passée ?

Tôt : une joue visiblement plus pleine que l’autre une fois l’œdème parti, une difficulté à relever la lèvre supérieure d’un côté, ou un gonflement persistant de la joue pouvant traduire une collection de salive après plaie du canal de Sténon. Tard : un creux sous la pommette qui s’approfondit au fil des années, et qui n’est pas une erreur technique mais une erreur de sélection. Une asymétrie se corrige parfois en reprenant un peu de graisse du côté le plus plein, tandis qu’un creusement se traite par lipofilling, qui ne restitue le volume qu’en partie.

Une bichectomie est-elle réversible ?

Pas vraiment. Le lipofilling peut réinjecter du volume dans la région, mais la graisse transplantée survit partiellement et de façon peu prévisible, et une graisse greffée dans la joue basse n’est ni le même tissu ni la même couche que la boule encapsulée qui a été retirée. L’acide hyaluronique, lui, est temporaire, et c’est pourquoi l’intervention est traitée ici comme une décision à sens unique, refusée sur tout visage où la boule pourrait manquer plus tard.

Perdre du poids fait-il disparaître la boule de Bichat ?

À peine. Les compartiments graisseux profonds du visage échappent en grande partie au métabolisme lipidique ordinaire, et le volume de la boule ne suit l’indice de masse corporelle que de loin, si bien que l’amaigrissement affine la joue superficielle bien plus que la boule. Une joue basse ronde qui persiste à un poids stable et sain est le tableau qui évoque un vrai surplus de Bichat. Une joue ronde qui va et vient avec les kilos est surtout de la graisse superficielle.

Combien de temps dure la récupération après une bichectomie ?

La vie quotidienne reprend en quelques jours, le résultat demande des mois. L’œdème et la raideur de la mâchoire sont au pire la première semaine, les fils muqueux se résorbent vers deux semaines, et le contour reste masqué par l’œdème à un mois. Trois mois donnent le premier regard honnête, douze mois sont le moment où les mesures publiées sont prises, et en cas d’association à un lifting, la récupération du lifting commande.

Qu’est-ce que la transposition de la boule de Bichat, et vaut-elle mieux que le retrait ?

C’est l’option réservée à une boule descendue sur un visage creux au-dessus d’elle : au lieu d’être jetée, la boule est mobilisée et remontée sous le SMAS pour regarnir la région sous-malaire, avec une position stable documentée à l’IRM dans une série de liftings portant sur 22 patients. Elle ne vaut mieux que pour ce visage-là. Sur un visage à vrai surplus, avec une pommette dessinée, ajouter du volume au-dessus de la plénitude élargit le visage au lieu de l’affiner.

Que devraient montrer les photos de résultats d’une bichectomie ?

Un affinement discret de la joue basse sous une pommette qui était déjà dessinée, photographié sous des angles et un éclairage identiques, à trois mois au moins. Deux signaux d’alerte méritent votre attention, à commencer par des clichés pris dans les premières semaines, quand l’œdème masque encore le contour réel. Le second, ce sont les galeries de photos de patients jeunes ou maigres, dont les résultats paraissent les plus nets tôt et les plus creusés dix ans après. Des résultats présentés à douze mois chez des patients de plus de trente ans montrent ce qui persiste vraiment.

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Cet article est fourni à titre d’information uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié avant de prendre une décision concernant une intervention chirurgicale ou non chirurgicale.

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