L’aegyo sal, est-ce la même chose que des poches sous les yeux ?
Non. L’aegyo sal est un bourrelet de muscle posé juste sous vos cils, qui se dessine quand vous souriez. Une poche sous les yeux, c’est de la graisse orbitaire qui passe vers l’avant à travers un septum affaibli, et elle est là que vous souriiez ou non. Deux tissus, deux profondeurs, deux verdicts opposés : l’un est un trait que l’on cherche à créer, l’autre un défaut que l’on cherche à faire disparaître.
Cette distinction figure sur presque toutes les pages de clinique qui proposent une injection d’aegyo sal. Ce qui n’y figure presque jamais, c’est la conséquence. Si votre graisse orbitaire est déjà en avant et que vous ajoutez du produit dans le muscle situé au-dessus, vous n’obtenez pas un regard plus doux. Vous obtenez deux reliefs séparés par une vallée, et une ombre qui n’existait pas. Vous vouliez un visage plus avenant. Or vous ressortez avec un regard fatigué.
Cet article explique comment séparer les deux avant que quiconque ne prenne une seringue. Vous y trouverez ce que vous pouvez vérifier seul devant votre miroir en trente secondes, ce que l’anatomie mesure vraiment en millimètres, pourquoi une patiente coréenne ou est-asiatique de vingt-cinq ans peut avoir de vraies poches là où une patiente européenne du même âge n’en a généralement pas, et quoi faire si vous avez déjà été injecté et que vous le regrettez.
Comment distinguer l’aegyo sal des poches sous les yeux dans un miroir ?
Deux tests, aucun matériel, une trentaine de secondes. L’aegyo sal naît de l’expression et ne projette aucune ombre. Une poche sous les yeux existe au repos et projette une ombre.

Le test du sourire. Regardez-vous de face, visage neutre, puis souriez franchement et observez la bande de peau située juste sous la ligne des cils. L’aegyo sal apparaît ou s’épaissit quand vous souriez, et s’efface quand vous relâchez. Il se comporte comme le muscle qu’il est. La poche fait l’inverse : elle est déjà là avant le sourire, elle siège plus bas, plus près du rebord orbitaire que de la ligne des cils, et votre expression la modifie à peine.
Le test de l’ombre. Placez-vous sous un plafonnier et regardez droit devant vous. Une poche est bordée en dessous par un sillon, la vallée des larmes, si bien que la lumière du haut accroche le relief et dépose une ligne sombre en dessous. L’aegyo sal n’a pas de creux sous lui : il produit une zone claire, pas une ombre. Si ce que vous voyez dans le miroir est surtout une ligne sombre, votre problème est une ombre, et remplir le muscle situé au-dessus de cette ombre va la creuser davantage.
Un troisième indice, la position. Posez la pulpe d’un doigt sur la ligne de vos cils. L’aegyo sal occupe à peu près les 4 à 6 mm situés sous les cils. Tout relief nettement plus bas, vers le rebord osseux, n’est pas le bourrelet.
La plupart des gens ont un peu des deux. La question n’est jamais lequel vous avez, mais lequel produit ce qui vous gêne sur les photos.
Qu’est-ce qui fabrique réellement l’aegyo sal ?
L’aegyo sal, ce petit bourrelet sous les cils que la culture coréenne associe à la jeunesse, correspond à l’orbiculaire prétarsal, la portion du muscle orbiculaire de l’œil (orbicularis oculi) qui bombe en avant du tarse. Il n’y a pratiquement aucune couche graisseuse à cet endroit, si bien que traiter cette zone revient à travailler sur un muscle, au-dessus ou en dessous de lui, jamais dans un compartiment graisseux.

Des équipes coréennes ont mesuré à quel point cet espace est étroit. Dans une étude échographique portant sur 52 volontaires menée à l’université Yonsei, l’épaisseur moyenne de l’orbiculaire était de 1,56 mm. La profondeur moyenne entre la surface cutanée et le muscle, elle, atteignait 1,63 mm, avec un point le plus superficiel à 0,88 mm. La peau de la paupière inférieure mesure moins de 1 mm et ne repose sur aucune graisse sous-cutanée : c’est la peau la plus fine du visage.

Ces chiffres décrivent les deux façons dont ce geste échoue, et elles sont séparées par moins d’un millimètre. Placez le produit trop superficiellement et il transparaît en bleu : c’est l’effet Tyndall. Placez-le trop profondément et vous êtes sur l’arcade artérielle palpébrale inférieure. Un guide anatomique détaillé de l’injection du bourrelet prétarsal remonte cette arcade jusqu’aux artères palpébrales médiale et latérale puis à l’artère ophtalmique, d’où le risque rétinien par voie rétrograde qu’entraîne une injection dans cette région, et pas seulement un défaut esthétique. Une revue systématique de 91 études sur les occlusions vasculaires après injection classe la région sous-orbitaire et la vallée des larmes parmi les sites les plus à risque du visage, avec une souffrance vasculaire précoce rapportée dans environ 0,07 % des gestes.
La poche sous les yeux est une tout autre structure, à une tout autre profondeur : de la graisse orbitaire préaponévrotique qui hernie vers l’avant à travers un septum orbitaire distendu, derrière le septum et non devant le tarse. En dessous court le ligament de la vallée des larmes, confirmé sur 48 hémifaces cadavériques comme un véritable ligament ostéocutané allant du tendon canthal médial vers la ligne médio-pupillaire, prolongé latéralement par le ligament de retenue de l’orbiculaire. Ce ligament est amarré à l’os. Il ne peut pas monter avec le tissu qu’il surplombe, et c’est exactement pour cela qu’un sillon se creuse et qu’une ombre apparaît.
Pourquoi des patients coréens de vingt-cinq ans ont de vraies poches sous les yeux
L’âge est un mauvais guide pour ce diagnostic chez les patients est-asiatiques, et supposer qu’un patient jeune a forcément un aegyo sal plutôt que de la graisse est l’un des moyens les plus simples de se tromper de plan de traitement.
Chez les patients occidentaux, les poches palpébrales inférieures apparaissent plutôt tard, sous l’effet du recul du rebord orbitaire et de l’affaiblissement du septum au fil des décennies. La paupière est-asiatique, elle, part d’un autre profil : une analyse tomodensitométrique en trois dimensions montre une graisse orbitaire plus antérieure et plus haute par rapport au rebord, remontant jusqu’au bord tarsal inférieur, avec un septum orbitaire inférieur plus mince et plus facilement distendu, si bien que la graisse vient en avant pour une raison structurelle et non liée au vieillissement.
La conséquence pratique est nette : une patiente coréenne de 24 ans qui demande une injection d’aegyo sal peut avoir déjà une pseudo-hernie graisseuse, là où une patiente européenne de 24 ans avec la même plainte n’en a généralement pas. Même demande, même âge, problème sous-jacent différent. C’est une des raisons pour lesquelles un plan de traitement bâti sur une photo et un catalogue de gestes, sans examen, n’est pas un plan.
Acide hyaluronique ou lipofilling pour l’aegyo sal : qu’est-ce qui convient à votre paupière ?
Les deux peuvent construire un bourrelet. Ils échouent différemment, et c’est cela qui doit trancher.
L’acide hyaluronique est réversible, se pose en quelques minutes et n’impose aucune éviction sociale, mais il retient l’eau. Dans une zone où le septum malaire fait barrière au drainage lymphatique, cette eau ne se disperse pas : elle stagne. C’est le mécanisme derrière la plainte du bourrelet qui grossit, et derrière l’œdème retardé documenté dans une série de huit ans portant sur des patients injectés en sous-orbitaire par un seul opérateur. Des travaux en échographie doppler ont également mis en cause une stase veineuse périorbitaire dans l’œdème malaire associé aux injections.
La graisse autologue ne fait pas cela. Elle est opaque et jaune, donc elle ne produit pas de bande bleutée, et elle n’attire pas l’eau. Sa faiblesse est inverse : ce qui prend n’est pas entièrement prévisible, et une prise irrégulière se voit sous une peau trop fine pour la masquer. Une méta-analyse de 39 études et 4 046 lipofillings périorbitaires rapporte 90,9 % de patients satisfaits pour 7,9 % de complications, dominées par l’œdème, le chémosis et les irrégularités de contour. La question plus large de la proportion de greffon qui survit est traitée dans ce guide du taux de prise du lipofilling.
Le choix du produit, à l’intérieur de la famille des acides hyaluroniques, ne se joue pas sur la densité. Il se joue sur la capacité à fixer l’eau et sur la cohésivité. Des comparaisons rhéologiques d’acides hyaluroniques situent la fourchette adaptée à cette région du côté d’un module élastique bas, d’une cohésivité basse et d’une concentration basse, ce qui n’a rien à voir avec le cahier des charges d’un produit conçu pour projeter une pommette ou un menton. La durée se raisonne en fourchette et non en chiffre unique : les revues systématiques se regroupent autour de 6 à 12 mois, tandis qu’une étude multicentrique de 2024 sur l’acide hyaluronique sous-orbitaire décrit une persistance jusqu’à 18 mois.
Aegyo sal en bref
| Acide hyaluronique | Graisse autologue | |
|---|---|---|
| Réversible | Oui, avec la hyaluronidase | Non |
| Risque de Tyndall | Réel si le produit est trop superficiel | Aucun, la graisse est opaque |
| Rétention d’eau | Attire l’eau, peut gonfler avec le temps | Non |
| Uniformité | Régulière, prévisible dès la pose | Dépend de la prise du greffon |
| Durée | Environ 6 à 12 mois, parfois plus | La part qui prend est durable |
| Délai avant le résultat définitif | Environ deux semaines | Plusieurs mois, le temps que la résorption se fasse |
| Effet sur une chirurgie palpébrale ultérieure | Peut imposer de dissoudre d’abord | Moins gênant |
| Convient plutôt à | Essayer le rendu, petites retouches | Vouloir un résultat durable |
Comment j’aborde l’aegyo sal, et quand je refuse de le faire
Voici la partie que presque personne ne publie. Cherchez en français un chirurgien qui écrit, à la première personne, qu’il existe des patients à qui il faut refuser une injection d’aegyo sal : vous trouverez la leçon d’anatomie partout et le refus nulle part.
Je traite un plan, pas une demande. Puisque le muscle siège à environ 1,6 mm sous la surface et que le couloir sûr se mesure en dixièmes de millimètre, la première décision n’est pas de choisir un produit. Elle est de savoir s’il existe un couloir. Une paupière inférieure qui porte déjà de la graisse en avant n’a pas de place pour un second relief.

Je refuse d’ajouter du volume au-dessus d’un relief. Quand la graisse orbitaire est déjà pseudo-herniée, augmenter le bourrelet prétarsal construit une seconde convexité juste au-dessus de la première et creuse le sillon qui les sépare. Sous un éclairage ordinaire venant du plafond, le résultat évoque la fatigue et non la jeunesse, et la patiente vit cela comme une injection “ratée” alors que le produit a été posé exactement là où on le lui a demandé. Dans cette situation, l’ordre des gestes compte plus que la technique : on traite d’abord la graisse, et la question du bourrelet se repose ensuite, sur une paupière qui a retrouvé une base plate.
Je préfère différer que corriger. La réversibilité est un vrai avantage de l’acide hyaluronique, et ce n’est pas la même chose qu’un geste sans conséquence, pour des raisons détaillées plus bas. Traiter deux fois une paupière inférieure est toujours moins bon que la traiter une seule fois, correctement, plus tard.
Ce que je ne considère pas comme un détail esthétique, c’est l’ombre. Les patients décrivent presque toujours leur problème comme un relief. À l’examen, c’est en général le sillon situé sous ce relief qui produit ce qu’ils voient sur leurs photos. Traiter un problème de sillon en construisant un bourrelet aggrave l’ombre.
Laquelle de ces trois paupières est la vôtre ?
La paupière qui photographie fatiguée au repos. Une plénitude présente sans expression, située bas, près du rebord, avec une ligne sombre en dessous. C’est de la graisse et une ombre, pas un bourrelet absent. La décision porte alors sur le choix entre repositionner cette graisse et la retirer, ce qui n’est pas une nuance : une analyse comparative de 339 blépharoplasties inférieures a étudié comment les techniques de transposition et de greffe diffèrent dans la correction de la vallée des larmes, et la résection excessive est la voie connue vers une paupière creuse et squelettisée. Ce compromis est développé dans repositionner ou retirer les poches graisseuses.
La paupière qui va bien au repos et reste plate au sourire. Aucune saillie graisseuse, aucune ombre, simplement peu de plénitude prétarsale à l’expression. C’est le profil pour lequel l’augmentation ne pose pas de difficulté anatomique, et les seules vraies questions sont le produit et la mesure.
La paupière qui cumule les deux. Un peu de saillie graisseuse, un peu d’aplatissement prétarsal. C’est le cas le plus fréquent, et c’est la chronologie qui protège le résultat. Les grilles publiées de choix entre injection et repositionnement chirurgical de la graisse rangent les grades légers du côté non chirurgical et la vraie hernie graisseuse du côté chirurgical, et aucun volume de produit ne transforme l’un en l’autre. La comparaison complète se trouve dans injections de la vallée des larmes ou blépharoplastie inférieure.
À quoi ressemblent les suites d’une injection d’aegyo sal ?
Les ecchymoses sont la règle dans cette région plutôt que l’exception, parce que la paupière inférieure est fine, vascularisée, et n’offre à un bleu aucun endroit où se cacher. L’essentiel se dissipe en une semaine à dix jours.
L’œdème suit une autre courbe, et savoir faire la différence évite de prendre une semaine normale pour une complication. Un gonflement les deux ou trois premiers jours est banal et se résout seul. Ce qui compte, c’est l’aspect à deux semaines : un œdème encore présent, encore mou, et régulièrement pire au réveil se comporte comme du liquide retenu et non comme une cicatrisation. C’est un autre problème, décrit dans la section suivante.
Jugez le résultat vers deux semaines, pas en sortant du cabinet. La graisse suit une horloge encore plus lente, puisqu’une partie de tout greffon se résorbe sur les premiers mois : le volume visible le premier jour n’est pas celui que vous gardez.
Ce qui se passe mal : Tyndall, gonflement persistant et nodules
“L’injection a raté” ne désigne pas une complication, mais trois. Elles se ressemblent dans un miroir et appellent des réponses différentes.
La coloration bleutée. Un produit posé trop superficiellement sous une peau de moins de 1 mm renvoie les courtes longueurs d’onde et donne une bande gris-bleu. Le massage ne corrige rien, parce que le problème est une profondeur et non une répartition. La correction passe par la dissolution et, si le geste est refait, par une pose plus profonde. Aucun chiffre d’incidence fiable n’existe pour cet effet dans la littérature périorbitaire, seulement une description constante du mécanisme.
Le gonflement persistant. Un œdème qui arrive tard, ou qui ne se résout jamais complètement, et qui est pire au réveil qu’au coucher. Rien n’a échoué techniquement ici. Le produit fait ce que fait l’acide hyaluronique, dans un compartiment qui draine mal, et c’est pourquoi ce gonflement-là ne se masse pas et ne s’attend pas comme un œdème précoce. Les patients le décrivent de façon physique plutôt que clinique, le plus souvent en disant que le bourrelet a continué de grossir après le rendez-vous. C’est la première raison pour laquelle on demande à faire retirer un aegyo sal injecté.
Les nodules. Une irrégularité palpable ou visible. Le premier travail consiste à distinguer le produit de la graisse propre du patient et de l’œdème, parce que le traitement diffère complètement et que l’œil ne fait pas cette différence de l’extérieur.
Les accidents vasculaires relèvent d’une autre catégorie. Ils sont rares, immédiats et non retardés, et se manifestent par une douleur disproportionnée, un blanchiment de la peau ou un trouble visuel. L’un de ces signes pendant ou juste après une injection est une urgence, pas quelque chose que l’on surveille jusqu’au lendemain.
Et si vous avez déjà un produit que vous regrettez ?
L’acide hyaluronique se dissout avec de la hyaluronidase, et deux propriétés de cette enzyme suffisent à poser des attentes justes.
D’abord, sa demi-vie circulante n’est que de quelques minutes, mais elle continue de dégrader l’acide hyaluronique dans le tissu pendant environ 48 heures. Une petite dose travaille encore après votre départ, donc le résultat se juge un ou deux jours plus tard, pas dans le miroir de la sortie.
Ensuite, elle n’est pas sélective comme les patients l’imaginent. Des doses répétées ou fortes touchent aussi le tissu voisin, et sur une paupière aussi fine cela se traduit par un relâchement et un aspect fripé. Personne ne devrait non plus promettre un retrait complet. Les praticiens qui traitent des reprises disent en général clairement qu’il reste du produit, et prévoir cela est plus utile que d’attendre une page blanche.
La graisse est un autre sujet, parce qu’aucune enzyme ne la dissout. Une hypercorrection par lipofilling se corrige chirurgicalement ou pas du tout, ce qui est l’argument le plus fort en faveur de la retenue lors de la première séance. Le même principe vaut ailleurs sur le visage, comme le montrent le visage surchargé et cette explication de la migration de l’acide hyaluronique dans les lèvres.
Regard du chirurgien
Les patients montrent un relief du doigt. Leurs photos, elles, se plaignent d’une ombre. Ce ne sont pas les mêmes constatations, et traiter la première quand le problème est la seconde, c’est ainsi qu’une paupière inférieure finit par paraître moins bien après un geste pourtant bien exécuté. Avant que le moindre produit n’entre, je veux savoir ce qui projette la ligne visible sur la photo. Si c’est le sillon situé sous le bourrelet, ajouter du volume au-dessus creuse précisément ce que le patient venait corriger.
Une chirurgie des poches va-t-elle supprimer mon aegyo sal ?
Non, et c’est cette crainte qui empêche beaucoup de gens de traiter une poche qu’ils ont depuis des années.
L’aegyo sal et la graisse orbitaire occupent des plans différents. Une blépharoplastie inférieure avec repositionnement graisseux travaille derrière le septum et par-dessus le rebord orbitaire, bien en dessous et bien en profondeur du bourrelet musculaire prétarsal. Retirer une poche n’aplatit pas le bourrelet situé au-dessus, et celui-ci paraît souvent mieux ensuite, puisque le relief qui lui faisait concurrence a disparu.
L’inverse est vrai aussi, et cela mérite d’être dit franchement. Le repositionnement graisseux ne peut pas construire un aegyo sal. Il corrige un relief et un sillon. Qui promet qu’une chirurgie des poches produira en plus un joli bourrelet au sourire décrit deux interventions comme s’il n’y en avait qu’une.
La question à poser avant que quiconque ne touche votre paupière inférieure
Ne commencez pas par quel produit, ni par combien de seringues. Demandez plutôt ceci : qu’est-ce qui projette la ligne que je vois sur mes photos ?
Écoutez ce qui vient en premier dans la réponse. Un chirurgien qui vous examine au repos et au sourire, qui situe la plénitude par rapport à votre ligne de cils et à votre rebord orbitaire, et qui sait nommer ce qu’il voit, bourrelet, relief graisseux, sillon ou ombre, commence par le diagnostic. Un nom de produit et un nombre de seringues qui arrivent avant cet examen ne sont, eux, qu’un menu.
Cette distinction compte ici plus que presque partout ailleurs sur le visage, parce que la paupière inférieure est le tissu le moins indulgent qui soit. Moins d’un millimètre sépare le plan que vous visez du plan qui vire au bleu.
Rédigé par le Dr Yongwoo Lee, chirurgien plasticien certifié par le conseil coréen de chirurgie plastique, spécialisé en anatomie faciale et en chirurgie esthétique à VIP Plastic Surgery, en Corée du Sud.
Questions fréquentes sur l’aegyo sal et les poches sous les yeux
Qu’est-ce que l’aegyo sal ?
L’aegyo sal est le petit bourrelet de plénitude situé juste sous les cils inférieurs, qui devient visible quand vous souriez. Il est produit par la portion prétarsale du muscle orbiculaire de l’œil qui bombe en avant du tarse. Une grande partie de l’Asie de l’Est y voit un trait de jeunesse séduisant, parce qu’il rend le regard plus doux et plus expressif pendant l’expression.
L’aegyo sal, est-ce la même chose que des poches sous les yeux ?
Non, ce sont deux structures distinctes. L’aegyo sal est un muscle situé juste sous la ligne des cils : il apparaît ou s’accentue quand vous souriez. La poche sous les yeux, elle, est de la graisse orbitaire qui pousse vers l’avant à travers un septum orbitaire affaibli, siège plus bas, plus près du rebord osseux, et reste présente que vous souriiez ou non. Deux tissus, deux profondeurs, et en général deux traitements opposés.
Comment savoir si j’ai un aegyo sal ou des poches sous les yeux ?
Faites deux vérifications. Souriez franchement devant un miroir : l’aegyo sal apparaît ou s’épaissit avec le sourire et se calme quand vous relâchez, alors que la poche bouge à peine. Placez-vous ensuite sous un éclairage venant du haut : la poche est bordée par un sillon et projette une ligne sombre, alors que l’aegyo sal n’a pas de creux sous lui et ne projette presque rien. La position aide aussi, puisque le bourrelet occupe les 4 à 6 mm sous les cils et que la poche siège nettement plus bas.
Une injection d’aegyo sal peut-elle aggraver mes poches sous les yeux ?
Oui, et c’est la raison la plus importante de se faire examiner avant de se faire injecter. Si la graisse orbitaire fait déjà saillie, ajouter du volume dans le muscle situé au-dessus crée un second relief séparé du premier par un creux plus profond. Sous un éclairage venant du plafond, le regard paraît alors fatigué plutôt que jeune, alors même que le produit a été posé exactement là où il devait aller.
Acide hyaluronique ou lipofilling pour l’aegyo sal ?
Aucun des deux n’est supérieur dans l’absolu, et ils échouent de façon inverse. L’acide hyaluronique est réversible et rapide, mais il retient l’eau, ce qui peut donner un gonflement persistant dans une région où le drainage lymphatique est limité. La graisse n’attire pas l’eau et ne peut pas donner de coloration bleutée puisqu’elle est opaque, mais sa survie est moins prévisible et une prise irrégulière se palpe sous une peau très fine. La question qui tranche est en général réversibilité contre durabilité.
Pourquoi mon injection d’aegyo sal paraît-elle bleue ?
C’est l’effet Tyndall, dû à un acide hyaluronique posé trop superficiellement sous une peau de moins de 1 mm. Les courtes longueurs d’onde sont renvoyées par le gel et la zone prend une teinte gris-bleu. Le massage ne règle rien, puisque le problème est la profondeur et non la répartition. On corrige en dissolvant le produit et, si le geste est refait, en le posant plus profondément.
Pourquoi mon injection sous les yeux m’a-t-elle fait gonfler ?
L’acide hyaluronique attire l’eau, et la région sous-orbitaire draine mal parce que le septum malaire fait barrière au flux lymphatique. Le liquide s’accumule au-dessus de cette barrière et donne un gonflement souvent pire le matin, qui peut durer des mois. Les patients décrivent fréquemment un bourrelet qui grossit avec le temps, ou deux petits reliefs qui apparaissent au sourire.
Combien de temps dure une injection d’aegyo sal ?
Le suivi publié sur l’acide hyaluronique sous-orbitaire se regroupe autour de 6 à 12 mois, et une étude multicentrique de 2024 décrit une persistance jusqu’à 18 mois. Cette fourchette est réelle et non approximative, parce que la durée dépend du produit, du volume et du plan dans lequel il a été posé. Le lipofilling se comporte autrement : une partie du greffon se résorbe sur la première année et le reste est durable.
Une injection d’aegyo sal peut-elle être dissoute ?
Oui, un acide hyaluronique se dissout avec de la hyaluronidase. L’enzyme a une demi-vie circulante de quelques minutes seulement, mais elle continue de dégrader le gel dans le tissu pendant environ 48 heures, si bien que le vrai résultat se juge un ou deux jours après. Le retrait complet n’est pas garanti, et des doses répétées touchent aussi le tissu voisin, ce qui compte sur une paupière qui n’a pas d’épaisseur à perdre.
Une blépharoplastie inférieure va-t-elle supprimer mon aegyo sal ?
Non. La blépharoplastie inférieure avec repositionnement graisseux travaille derrière le septum orbitaire et par-dessus le rebord orbitaire, dans un plan bien plus bas et bien plus profond que le muscle prétarsal qui crée le bourrelet. L’aegyo sal n’est pas touché et paraît souvent mieux ensuite, puisque le relief concurrent situé en dessous a été corrigé. L’inverse vaut également : la chirurgie des paupières ne peut ni créer ni agrandir un aegyo sal.
Peut-on avoir des poches sous les yeux à vingt-cinq ans ?
Oui, et c’est plus fréquent chez les patients est-asiatiques que chez les patients occidentaux. Des études tomodensitométriques en trois dimensions montrent une graisse orbitaire plus antérieure et plus haute par rapport au rebord dans la paupière est-asiatique, avec un septum orbitaire inférieur plus mince, si bien que la graisse peut faire saillie pour une raison structurelle et pas seulement après des décennies de vieillissement. L’âge est donc un mauvais indice pour deviner si un patient jeune a un bourrelet ou une poche.
Peut-on réduire un aegyo sal trop volumineux ?
Oui. Tout le monde ne souhaite pas ce trait, et un bourrelet naturellement marqué vient du muscle orbiculaire et non de la graisse : on peut donc l’adoucir en relâchant ce muscle avec une petite dose de toxine botulique plutôt qu’en retirant quoi que ce soit. Le dosage doit rester prudent, parce que le même muscle ferme l’œil et commande la pompe lacrymale. Si la plénitude se révèle être une poche et non un bourrelet, la toxine n’y fera rien.
Une injection d’aegyo sal est-elle dangereuse ?
Les complications graves sont peu fréquentes, mais la région n’est pas à faible risque. Le vaisseau qui compte ici est l’arcade artérielle palpébrale inférieure, reliée à l’artère ophtalmique, si bien qu’une injection intravasculaire ouvre une voie vers la rétine. Une revue systématique de 91 études place la région sous-orbitaire et la vallée des larmes parmi les sites du visage les plus à risque, avec une souffrance vasculaire précoce rapportée dans environ 0,07 % des gestes. Une douleur brutale et disproportionnée, un blanchiment de la peau ou tout trouble visuel pendant ou après l’injection constituent une urgence.
Faut-il faire traiter son aegyo sal en Corée ?
Le terme vient de l’esthétique coréenne et le geste s’y pratique couramment, mais la décision qui compte est diagnostique et non géographique. Demandez si la personne qui vous traite a examiné la paupière inférieure au repos et en animation, repéré où siège la plénitude par rapport à la ligne des cils et au rebord orbitaire, et vous a dit s’il s’agit d’un bourrelet, d’un relief graisseux, d’un sillon ou d’une ombre avant de nommer le moindre produit.
Cet article est fourni à titre d’information uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié avant de prendre une décision concernant une intervention chirurgicale ou non chirurgicale.
